PEEPING TOM.
PLACEBO, par Brian Molko. Reprise :Sirko
Cela fait 8 mois qu’elle vit dans la maison juste en face de chez moi. Elle est belle, désirable, sensuelle, sexuelle même. Ses yeux sont les plus sombres que j’ai jamais vu. Cela fait 8 mois que je l’espionne. Je suis juste un voyeur, livré à lui-même depuis bien trop longtemps. C’est une curiosité malsaine et je le sais bien, mais je suis comme ça et elle est. Quand je l’a regarde, je sens que tout ce qui m’est arrivé auparavant est misérable. Prostitués, paris perdus, problème de drogue, de boisson. J’ai envie de m’en sortir, parce quelle est celle qui me fait sentir bien plus grand que je ne le suis. Je suis sans doute un peu pervers et obsédé, mais je n’y peux rien.
Elle est entrée dans ma vie de solitude.
Depuis je n’ai qu’elle dans ma tête et dans mon cœur.
J’ai envie de la toucher, de la sentir, de l’embrasser. Si seulement elle pouvait m’aimer, j’ai tant besoin d’affection. Il n’existe plus qu’elle au monde, chaque seconde je pense à elle. J’en souffre tellement elle est belle. Malheureusement, je ne suis pas fait pour une fille comme elle. Je lui ferrai du mal, je suis infidèle, même si je l’aime les tentations du passé rejailliront. Elle est faite pour l’amour qui dure toujours, et je suis faite pour l’amour des trottoirs, c’est cela qui me rend malheureux. Je suis vide.
Il est 7h30, elle se lève, ses cheveux bruns sont raides, bien en place, ses yeux noirs en amande, à cause du sommeil. Son pyjama lui donne le charme d’un enfant, un charme fou. Elle l’enlève, c’est la plus pure des filles que j’ai jamais rencontré. Elle n’est pas comme toutes ces filles que l’on voit dans les magazines, elle est bien plus belle, parce qu’elle ne leur ressemble pas. Elle est unique et je suis le seul à pouvoir en profiter. Je l’a vois de profil, son dos est cambré, ses seins, petits comme ceux d’une petite fille, c’est ce qui l’a rend encore plus pure et innocente. Des épaules droites et carrées, de longues et fines jambes. Qu’elle est belle.
Elle se dirige vers sa salle de bain et prend une douche. La buée sur les vitres m’empêche de bien la voir, mais je distingue le moindre de ses gestes. Elle sort, mouillée, le corps rougit par la chaleur de l’eau, encore plus belle qu’avant. Elle paraît plus réveillée, ses yeux sont grands ouverts, et plus sombres que jamais.
Elle s’habille, c’est un spectacle délicieux. Je crois que je ne pourrais jamais m’en lasser.
J’aimerais tellement être à ses côtés.
Je décide de sortir, je dois faire attention de ne pas tomber et de ne pas faire de bruit, car j’escalade son mur. Il ne faut surtout qu’elle me voit, je ne veux pas lui faire peur, sinon tout est fini.
Je veux juste l’a toucher, du bout des yeux. Je veux l’a voir de plus près, dans sa chambre, découvrir toute son intimité, elle n’aura plus de secrets pour moi, je serai le seul à tout savoir d’elle.
Dans ma vie il n’y plus qu’elle qui compte, le reste est bien flou et sans aucune importance. Je ne vois qu’elle.
Perché à mon mur en train de l’observer et de l’admirer, je suis en état d’apesanteur. Sur une commode il y a des flacons de parfum, des bijoux et le livre « Les mauvaises nouvelles ». Elle a accroché un poster de Kate Bush sur son mur, et elle est en train d’écouter « The ballad of Melody Nelson » de Gainsbourg. Tout est bien rangé, propre, ordonné, tout le contraire de moi. Elle a ce tic qui est de relevé ses cheveux pour les remettre en arrière, ça lui va si bien. En l’a regardant comme cela, je n’ai pas toujours des pensées très sages, mais elle est si radieuse que je ne peux pas m’en empêcher, mais jamais je ne pourrais lui faire du mal.
Elle restera un rêve inaccessible, qui me hantera à chaque secondes de mon existence.
Elle est si parfaite.
Et moi je ne suis qu’un voyeur, qui n’a plus rien à perdre.